Un projet pour les Langues de Bretagne.

Pour contrer la diminution du nombre de locuteurs du breton et du gallo, le projet « Les Bretons retrouvent leurs languesHor Yezhoù – Nôs Parlements » demande aux familles de sauvegarder leur patrimoine linguistique, et notamment de conserver les accents et les intonations de tous leurs proches bretonnants ou gallésants.

Pour cela, il encourage les familles à avoir des discussions en interne au sujet de leurs langues historiques puis à enregistrer le maximum de voix et d’accents possibles et de les transmettre au projet qui se charge de les rendre accessibles à tous.

Ce site est consacré à ce projet. Il est animé à son origine par Loeiza Alle (Sciences Po Rennes – conception et dépouillement du questionnaire sur les langues de Bretagne) et Jacki Pilon (Centre culturel breton de Lannion – design du projet). Vous pouvez nous joindre grâce à l’onglet Contact (https://languesdebretagne.bzh/contact/).

Ce projet tient ses origines dans plusieurs travaux initiés par le Centre culturel breton de Lannion. Un important appui en développement informatique (appli et serveur) nous a été apporté par M. Pierre-Jean Davy.

Quelques documents à parcourir ou à lire :

> Le diaporama du projet

> Apprendre les langues bretonnes en 2020 :
quelles motiva
tions ?

> Ouest-France, 14-07-2020

Vous nous avez donné votre ressenti par rapport aux langues historiques de Bretagne…

Pour préparer le lancement de ce projet, nous avons cherché à préciser par rapport aux résultats d’enquêtes sur l’état des langues de Bretagne, comment les Bretons, qui dans leur grande majorité ne parlent ni ne comprennent leurs langues historiques, se positionnent vis à vis de celles-ci.

Les motivations sont clairement exprimées.

Le questionnaire reste ouvert pour que le maximum de personnes puissent continuer à s’exprimer.

Accès au questionnaire

Si vous l’avez déjà rempli, merci de le faire circuler autour de vous et de le passer à vos connaissances. Si ce n’est pas le cas n’hésitez pas à le compléter et nous le retourner.


… et par rapport au projet lui-même

Nous utiliserons le blog de ce site et le groupe Facebook « Hor Yezhoù – Nôs Parlements » pour vous tenir informé du déroulement du projet.

Le groupe Facebook Hor Yezhoù – Nôs Parlements

Les dernières nouvelles du projet sur ce site

Les grandes lignes du projet

Rappel du constat et des motivations

Les langues de Bretagne sont plus menacées que jamais : après la loi Molac qui a suscité un grand espoir pour l’enseignement scolaire de nos langues avec la quasi unanimité de vote des élus, le veto du Conseil constitutionnel a cassé ce bel élan et a rappelé douloureusement aux familles l’intransigeance du pouvoir central.

Aujourd’hui certains réclament une modification de la Constitution pour faire reconnaître les langues régionales françaises et garantir leur enseignement. Chacun appréciera au regard des décennies écoulées s’il estime que cette voie est susceptible d’aboutir avant que nos aînés locuteurs du breton et du gallo aient tous disparu.

C’est dire combien il est urgent d’imaginer et de mettre en œuvre des formes d’action nouvelles, en appui de la voie législative.

Ces actions, pour être efficaces, doivent concerner par la plus grande partie possible de la population. Il est certain que les langues de Bretagne bénéficient une cote de prestige positive, mais il faut tenir compte de la passivité, voire des opinions négatives qui sont trop souvent associées à cette thématique et les faire évoluer dans un sens favorable. Il faut donc expliquer aux familles leur rôle en tant que partie prenante, leur dire que ce sont elles qui ont la clé de la préservation de leurs langues, afin qu’elles répondent massivement aux actions qui leur seront proposées et qu’elles demandent ensuite à être bénéficiaires de formations ou d’autoformations à ces mêmes langues, pour elles-mêmes et pour leurs enfants.

Objectifs  importants et prioritaires du projet

1) faire en sorte que le plus grand nombre possible de familles bretonnes soient convaincues de participer à cette opération
2) qu’elles identifient un locuteur volontaire dans leur groupe familial ou parmi leurs proches et
3) qu’un ou plusieurs membres de la famille procèdent au recueil de ces échantillons vocaux auprès de ce locuteur (grâce à un outil technique – une « application »). 

Les familles bretonnes, une fois convaicues de l’importance de participer à ce projet, s’adresseront aux locuteurs qu’elles connaissent et qu’elles côtoient (grands parents, amis, voisins) avec la demande suivante :

Vous avez parlé et vous savez encore parler le breton ou le gallo
Nous voulons recueillir vos voix et vos accents,
car ce sont des trésors de la Bretagne
que nous avons le devoir de préserver

Très important :

Pour un certain nombre de raisons, qui sont liées à l’histoire des langues de Bretagne et au sort qui leur a été réservé, les familles devront, lorsqu’elles aborderont ce sujet, s’attacher à ménager la sensibilité de leurs locuteurs. Elles éviteront, dans leur approche, de raviver maladroitement des souvenirs douloureux, parfois étouffés depuis longtemps, et de demander des phrases longues, des récits construits.
Elles se garderont d’orienter les réponses de leurs locuteurs ; au contraire, elles chercheront à obtenir un échantillon vocal spontané.
Justifiant leur demande par l’intérêt de la conservation patrimoniale des accents, elles indiqueront qu’il s’agit avant tout de recueillir et de conserver la couleur des voix, leur expressivité…  

Les premières contributions au projet, visibles et audibles sur la carte de la Bretagne, illustrent bien cet état d’esprit. L’important est que :
1) les locuteurs s’expriment, même a minima, et qu’ils le fassent :
2) dans l’une des deux langues historiques de la Bretagne (Breton ou Gallo)

Très important (bis) :

De nombreux locuteurs potentiels exprimeront des réticences :

  • « je ne sais plus parler » ou « j’ai oublié »,
  • « je n’ai pas le bon (!) accent, » « je parle mal (!) »,
  • « personne ne va me comprendre »,
  • « la page est tournée »,
  • « je n’ai pas envie » ,
  • « je ne sais pas quoi dire », etc,

Il est important de contre-argumenter en rappellant qu’il n’est absolument pas tenu compte d’une (prétendue) « qualité » de ce qui sera dit, car on cherche avant tout à prendre une photographie, un instantané de la façon dont les langues bretonne et gallèse sont parlées aujourd’hui, quel que soit le locuteur ou la locutrice. On pourra également indiquer que de nombreuses autres familles ont apporté leur contribution…

Si les familles ont été convaincantes et si les locuteurs le souhaitent, ces derniers pourront ultérieurement, en prolongement de la démarche entamée, fournir des contributions plus longues et donner des indications sur le contenu de leurs paroles. Il le feront alors en français car, dans un grand nombre de cas, les enregistrements seront faits par des membres de la famille ne parlant ni breton ni gallo et qui ne pourront donc pas comprendre les paroles prononcées…

Où un peu de technique vient en appui du projet :
Cette collecte à grande échelle des voix et des accents doit se faire de la façon la plus simple possible. L’utilisation d’appareils d’usage courant (téléphones mobiles, tablettes) sera privilégiée, au travers d’applications. Ces enregistrements sont à faire par les familles à domicile ou, lorsqu’il n’est pas possible de réunir au même endroit les participants, à distance (grâce à des outils de communication banalisés comme Skype ou Zoom). Il est possible, si cela est plus facile, de procéder en deux étapes, la première consistant à enregistrer un échantillon sonore de la voix du locuteur, la deuxième, à envoyer cet échantillon au projet.

Les enregistrements réalisés seront d’abord écoutés et partagés entre les membres des familles participantes, puis échangés plus largement que dans le cercle familial et mis à disposition d’une très vaste communauté. Ils seront également enrichis par adjonction de traductions.