Procédure pour l’enregistrement audio ou vidéo et la réalisation des compléments textuels

Procédure pour l’enregistrement audio ou vidéo et la réalisation des compléments textuels

Avertissement : cette procédure n’est pas encore utilisable dans sa totalité dans le cadre du projet. Elle est décrite ici à titre indicatif, pour faire comprendre les rôles des acteurs et l’esprit dans lequel procéder. Si elle ne permet pas encore de nous transmettre les données relatives à un enregistrement, elle permet toutefois de « se faire la main », de faire des essais, de vérifier la (bonne) qualité de ce qui est obtenu.

On décrit ici comment réaliser une contribution au projet, par la collecte du témoignage d’un bretonnant de naissance par un Breton non nécessairement bretonnant.

On utilise ici l’appellation bretonnant pour désigner indifféremment un locuteur connaissant la langue bretonne ou le gallo.

On précise d’abord les rôles des participants, puis on rappelle quels documents sont attendus des participants au projet et on donne enfin un modus operandi indicatif.

A) « collecteur » et « locuteur » : rôles respectifs

Vous souhaitez participer à ce projet et vous le faites donc conjointement avec une personne que vous connaissez et qui souhaite, comme vous, y contribuer. L’existence d’un lien familial ou simplement d’amitié entre le locuteur et la personne qui l’enregistre est importante.

L’initiative peut venir du collecteur comme du locuteur :

  • Vous êtes bretonnant de naissance : vous avez le rôle du locuteur (celui qui s’exprimera en breton ou en gallo) et vous allez solliciter (ou vous avez déjà sollicité) quelqu’un de votre entourage qui sera sera chargé de vous enregistrer sur un smartphone, et éventuellement de vous poser des questions. Nous l’appellerons collecteur ou intervieweur. Cette personne pourrait – préférentiellement – être l’un de vos petits-enfants, mais toute autre personne capable de manier un smartphone et en qui vous aurez confiance pourra convenir.
  • Vous n’êtes pas particulièrement locuteur d’une langue de Bretagne : vous avez le rôle de collecteur ou d’intervieweur ; vous disposez d’un smartphone et vous savez l’utiliser pour filmer une courte vidéo puis télécharger cette vidéo sur un compte YouTube (par exemple) qui vous est accessible. Vous pouvez également procéder à un enregistrement à distance via un outil comme Skype,. Vous avez identifié un locuteur bretonnant de naissance dans votre famille ou dans vos connaissances proches et vous avez convenu avec ce locuteur de réaliser un entretien. Cet entretien peut prendre la forme d’une interview (c’est vous qui poserez les questions, en breton ou en français), ou bien d’une collecte non guidée. Dans tous les cas, le locuteur (la locutrice) s’exprimera en breton ou en gallo mais pourra commenter ses paroles dans la langue de son choix.

B) Accord sur le contenu et la forme

Vous avez toute latitude pour choisir le contenu et la forme de leur contribution conjointe au projet. L’important est que vous vous mettiez d’accord sur la façon de procéder. La réalisation doit entraîner le moins de contraintes possibles :

  • la forme peut être celle d’une interview classique conduite par le collecteur dans une langue comprise du locuteur, les réponses du locuteur étant en breton ou en gallo,
  • ou encore celle, plus simple, d’un récit en continu, sans questionnement, par le locuteur, le collecteur ne faisant que l’enregistrer après un « top départ ».

Les témoignages recueillis sont de préférence des récits originaux (anecdotes, souvenirs…) : il ne s’agit pas a priori de recueillir des chansons ni des déclamations de textes littéraires existants (mais cela reste possible). Enfin, leur durée doit être relativement brève (ne pas dépasser quelques minutes).

C) Réalisation de l’enregistrement

Exemples d’enregistrements :
https://youtu.be/x4CvmmxR914
https://youtu.be/A4tRxnHaY8M

Pendant l’enregistrement, on recommande de ne pas parler trop vite et de séparer les phrases. Cependant, la réalisation (le tournage) doit pouvoir se faire relativement rapidement, sans nécessiter de montage (ou avec un minimum). Le locuteur s’exprimera dans sa langue première, de façon spontanée et sans recourir à la lecture (sauf éventuellement de quelques aide-mémoires).

D) Ajouts, compléments

A côté de l’enregistrement vidéo, il serait extrêmement utile, lorsque cela est possible, de recueillir immédiatement, une version texte des paroles prononcées, ainsi qu’une traduction en français, ou, a minima, des indications sur le contenu. Ces éléments complémentaires seront utilisés pour réaliser ultérieurement des versions sous-titrées (en breton, gallo et éventuellement en français et autres langues) des documents de base.
Ce texte est à constituer à la fin de l’enregistrement, mais pas avant, pour ne pas fausser la spontanéité de l’élocution.
Ces enrichissements (sous-titrages, etc.), à partir de la vidéo de départ et du texte associé seront constitués postérieurement à la phase de collecte par l’organisme en charge du projet.

E) Préparation de l’envoi d’une contribution au projet

On servira d’un formulaire en ligne (en cours de préparation) pour renseigner les éléments décrivant le contexte de la réalisation de l’enregistrement.


Nos langues et nos accents sont de véritables trésors. Ils nous appartiennent. Ne les laissons pas disparaître.

Ma grand mère m’a raconté qu’on se moquait d’elle et qu’elle se faisait taper sur les doigts lorsqu’elle parlait breton. Je ne veux plus que cette langue soit considérée comme « honteuse » ou « déjà morte », comme on me l’a déjà dit lorsque j’évoquais mon envie de l’apprendre

C’est la langue de mon pays, de mes aïeuls, de mon père. J’ai grandi avec cette langue, qui porte toute une culture vivante et vivifiante, forte, et belle. C’est dans cette langue que je me sens aimée, comprise

Car j’ai 15ans et j’étais en école bilingue (français/breton) jusqu’à ma fin de CE2 et j’aimerais énormément reprendre cette langue !

Mon père parlait souvent en breton avec mon arrière grand-mère. C’est un bon souvenir que je garde d’eux et que j’aimerais entretenir

Si cette culture était terne, lugubre et poussiéreuse, il n’y aurait aucun intérêt à la sauver, cependant, la culture Bretonne est tout l’inverse, elle est colorée, animée et chaleureuse ! La Bretagne a une véritable histoire, nous nous devons de la transmettre de générations en générations !

Le Breton c’est ma vie professionnelle et amicale. Le gallo c’est ma complicité avec papy, presque une langue maternelle

Ma grand mère parlait breton mais je n’ai pu la connaître, et j’aimerais apprendre les langues parlées autour de de moi.

Le gallo est la langue d’une large partie de ma famille, aujourd’hui vu comme une honte alors que nous l’avons parlé pendant des siècles. Je veux pouvoir le parler pour conserver la richesse de notre patrimoine, pour donner raison à l’accent qui m’a valu des railleries

La fierté de mon grand-père que je parle la langue de sa mère …